Fifou ne photographie pas seulement des visages.
Il capte des présences, des attitudes, des mondes.

Depuis plus de vingt ans, il construit une esthétique singulière à la croisée du rap, de la mode et de l’image contemporaine. Photographe, directeur artistique, metteur en scène, il transforme chaque rencontre en terrain de jeu visuel.

Son regard cherche l’allure, l’instinct, l’inattendu ; ce petit quelque chose qui fait qu’une image reste.

Presque naturellement, Fifou passe de l’image dessinée à l’image capturée.

Ses premiers shootings sont réalisés avec une approche encore instinctive, nourrie par le graphisme, le cinéma, la culture américaine et l’esthétique hip-hop. Sa photographie ne cherche pas simplement à documenter les artistes.

elle participe à construire leur personnage, leur univers et parfois même leur légende.

Au fil des années, son objectif devient le témoin privilégié d’une génération. Booba, PNL, SCH, Ninho, Aya Nakamura, Jul, Kaaris, Gims, Youssoupha, NTM et bien d’autres passent devant son appareil.

Avec plusieurs centaines, puis plus d’un millier de pochettes réalisées au fil de sa carrière, Fifou contribue à façonner une partie de l’imaginaire visuel du rap français.

Mais réduire Fifou au seul rap serait passer à côté de son travail.

À la croisée du portrait, de la mode, du reportage et de la mise en scène, son univers repose sur une recherche permanente de l’image juste ; celle qui possède une attitude, une tension, une émotion. Il aime détourner les codes, introduire de la poésie dans des univers parfois très frontaux, jouer avec les symboles, les matières, les corps et les décors. Sa photographie est autant affaire de présence que d’esthétique.

Fifou se définit d’ailleurs volontiers comme un « photographiste » : un créateur d’images qui ne sépare pas vraiment la photographie du graphisme, de la direction artistique ou de la mise en scène. Chez lui, les disciplines se mélangent et se répondent. Une image peut commencer par une idée graphique, devenir une photographie, puis trouver sa forme définitive dans une pochette, une campagne, un clip ou une série.

Son travail est profondément lié à la culture hip-hop, mais il s’en nourrit pour mieux la déplacer. Influencé par l’imagerie américaine, le cinéma et la photographie de mode, il construit une esthétique reconnaissable, capable de passer du spectaculaire à l’intime, du brut au sophistiqué.

Ce qui traverse finalement son œuvre, c’est une obsession simple : trouver l’image qui raconte quelque chose.

Un regard, une attitude, une lumière, un détail. Ce qui se passe juste avant la pose. Ce qui déborde du cadre.